Hydrogène sous pression : comprendre pour mieux protéger les aciers – 3 questions à Yazid Madi
Les équipes de recherche ont réussi à observer en direct comment l’hydrogène gazeux fragilise les aciers utilisés dans les infrastructures de transport, un enjeu clé pour la sécurité et la durabilité des futurs réseaux hydrogène.
Sur la ligne PSICHE, dédiée à l’étude des matériaux en conditions extrêmes, une machine de traction innovante conçue avec Top Industrie a permis d’imager en 3D et en temps réel la déformation d’un acier soumis à de l’hydrogène sous haute pression.
Cette approche expérimentale, aujourd’hui décrite dans une publication scientifique co-signée notamment par Yazid Madi, Andrew King et Sylvain Nicole, marque une avancée méthodologique majeure : les observations révèlent que la vitesse de déformation influence les mécanismes de rupture : à faible vitesse, l’hydrogène pénètre plus profondément et favorise la propagation interne des fissures, tandis qu’à vitesse plus élevée, les fissures se forment surtout en surface.
Présentés à EUROMAT 2025, ces premiers résultats ont permis de relier la microstructure de l’acier à sa fragilité, ouvrant de nouvelles pistes pour concevoir des matériaux plus résistants.
Ces travaux s’inscrivent désormais dans le projet européen HYWAY (2024–2028), coordonné par Mines Paris – PSL, qui vise à établir de nouveaux protocoles d’essais et critères de conception pour les matériaux destinés aux infrastructures hydrogène du futur.
Ces observations inédites apportent un éclairage sans précédent sur les mécanismes de fragilisation et ouvrent la voie à la conception d’aciers plus résistants. Une avancée décisive pour accompagner le développement d’une énergie décarbonée, en garantissant la fiabilité des matériaux au cœur des systèmes.
Pour lire cette publication : https://doi.org/10.1016/j.ijhydene.2026.154770
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