Encourager les vocations scientifiques dès le secondaire : le nouveau pôle « Éducation » de l’association féMINistes!
Depuis plus de dix ans, l’association féMINistes! s’engage au sein de l’École pour promouvoir l’égalité des genres et lutter contre les discriminations sexistes. Forte d’une équipe d’élèves investis et structurée en plusieurs pôles (parole, terrain, communication, VSS et, depuis cette année, éducation), elle agit tout au long de l’année en lien avec la direction de l’École et les autres associations étudiantes.
Dans un contexte où les femmes demeurent sous-représentées dans les formations d’ingénieurs, l’enjeu de l’orientation apparaît déterminant. Selon le panorama 2024 publié par la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), les étudiantes représentent environ 32 % des effectifs des écoles d’ingénieurs en France pour l’année 2023-2024. Malgré une progression lente ces dernières années, cet écart persiste et interroge les mécanismes d’orientation. Les choix scolaires se construisent tôt et restent encore influencés par des représentations différenciées des filières scientifiques et techniques.
C’est pour intervenir en amont que l’association a créé un pôle « Éducation ». Son objectif : encourager davantage de jeunes filles à envisager des études scientifiques, en déconstruisant les idées reçues sur les métiers et les parcours, souvent perçus – à tort – comme réservés à un public masculin.
Depuis le début de l’année scolaire, les membres du pôle sont intervenus dans trois établissements, auprès de classes de collège et de lycée. Ces actions prennent la forme d’ateliers interactifs visant à questionner les préjugés liés au genre et aux filières scientifiques. Les échanges s’adressent à l’ensemble des élèves, filles comme garçons, afin de susciter une réflexion collective sur les représentations, l’orientation et la place des femmes dans les sciences.
En parallèle, plusieurs membres de l’association ont participé à des tables rondes et à des interviews dans le cadre d’initiatives « Femmes et sciences », contribuant ainsi à porter ces sujets au-delà de l’École.

Intervention du pôle dans un collège dans le cadre d’atelier
Pour l’année 2026, l’ambition est double : poursuivre les interventions déjà engagées et renforcer leur portée. L’association souhaite augmenter le nombre d’établissements partenaires et structurer des collaborations dans la durée avec ceux déjà rencontrés. Cette dynamique vise à inscrire le pôle « Éducation » dans une action pérenne et progressive.
À travers ce nouveau pôle, FéMINistes! inscrit son action dans une perspective complémentaire à ses engagements internes à l’École : agir sur les représentations dès le secondaire, pour contribuer, à plus long terme, à une meilleure mixité dans les formations scientifiques.
Quels constats ont motivé la création du pôle « Éducation » au sein de l’association féMINistes!, et en quoi complète-t-il les actions déjà menées à Mines Paris – PSL ?
Les motivations derrière la création du pôle « Education » partent d’un constat général de la part des étudiant.e.s et de l’administration depuis plusieurs années sur les préjugés qui existent sur les femmes dans les études scientifiques, que ce soit en classe préparatoire, en école d’ingénieur ou dans plein d’autres filières, et qui s’expriment par un déséquilibre entre la proportion de filles et de garçons. En effet, dans la majorité des écoles d’ingénieurs, la proportion de filles dans une promotion classique avoisine les vingt/vingt-cinq pourcents. La création du pôle a été beaucoup accompagnée par l’administration, qui nous partage régulièrement des propositions de forums, de tables rondes, et d’autres interventions du même type. Le pôle éducation œuvre donc pour la mixité des filières scientifiques et vise à déconstruire les préjugés présents dans les sciences.
Cela passe en premier lieu par la représentation. On a tendance naturellement à se projeter en fonction des exemples de personnes autour de nous. Les interventions que nous réalisons dans les établissements permettent ainsi de montrer aux jeunes filles que c’est possible de faire des sciences, et qu’elles n’ont pas à se limiter. Ainsi, avoir des figures de scientifiques proches en âge et encore en études permettrait à des lycéennes et collégiennes de mieux se projeter et s’identifier. Nos interventions ont aussi un impact sur les jeunes garçons pour qu’ils comprennent le rôle clé qu’ils ont dans l’inclusion de tou.te.s dans les études scientifiques
Le pôle éducation complète aussi les actions réalisées par une autre asso des Mines qui s’appelle Cahier Vert, et qui œuvre pour l’égalité des chances. Nous travaillons ensemble sur plusieurs sujets, er prenons part dans quelques évènements qu’ils organisent, comme prochainement lors de la journée Femmes et Sciences qui accueillera quatre classes de collège au sein des Mines.
Comment se déroulent concrètement vos interventions dans les collèges et lycées, et quels retours recevez-vous de la part des élèves et des équipes pédagogiques ?
Lors d’une intervention type, nous sommes deux ou trois membres du pôle par classe à échanger avec les élèves. Nous nous présentons rapidement en tant qu’élèves en école d’ingénieur, puis nous engageons une discussion avec la classe pour définir ensemble ce qu’est un.e ingénieur.e, ce qui permet de faire émerger leurs représentations initiales. On lance ensuite un atelier que nous avons préalablement préparé, qui vise à déconstruire les stéréotypes de genre, notamment dans les domaines scientifiques. Ces ateliers sont à visée pédagogique, et encouragent les élèves à s’exprimer sur ces sujets. Après l’atelier, on discute avec la classe de leurs ressentis, puis la conversation s’ouvre naturellement sur des sujets plus larges.
Les enseignant.e.s sont généralement ravi.e.s des interventions et souhaitent les refaire avec d’autres classes pour sensibiliser un maximum d’élèves. Les élèves sont souvent content.e.s de faire des activités ludiques, et de pouvoir dialoguer sur ces sujets pour en apprendre un peu plus, et iels ont souvent beaucoup de questions d’orientation, sur nos parcours et nos expériences en école d’ingénieur.
Quelles sont les priorités du pôle pour 2026, et comment envisagez-vous d’ancrer durablement ces actions dans le paysage éducatif ?
Pendant notre mandat, on souhaite repartir des bases que nous a laissé le mandat précédent, créateur du pôle. Ce pôle étant très récent, il y a encore beaucoup d’axes d’améliorations et de manière de diversifier ce qu’on propose. Pour le moment, il s’agirait surtout d’intervenir à nouveau dans les établissements où nous sommes déjà allé.e.s, et augmenter le nombre d’établissements fréquentés. Avoir des écoles partenaires nous permettrait d’intervenir annuellement dans les mêmes classes, et réellement prendre une part dans le paysage éducatif des élèves. Nous souhaiterions aussi diversifier les ateliers que nous proposons pour pouvoir s’adapter à l’âge des élèves et à leur sensibilisation préexistante afin de rendre les interventions encore plus pertinentes. Le pôle éducation compte aussi participer à des forums et des tables rondes sur les femmes dans les sciences comme il l’a fait jusqu’à présent, dont une bonne partie nous est communiquée par l’administration. Le pôle s’inscrit au cœur des objectifs de l’association féMINistes ! entière, vise à déconstruire les stéréotypes de genre et milite pour la parité.
À travers l’engagement de son association étudiante, ces initiatives s’inscrivent dans la dynamique plus large portée par Mines Paris – PSL en matière d’égalité, de diversité et d’inclusivité. Elles participent d’une action structurée visant à promouvoir la mixité dans les formations scientifiques et techniques, au sein de l’École comme au-delà du campus, en cohérence avec le dispositif institutionnel.
À l’heure où les filières scientifiques peinent encore à atteindre une véritable mixité, la Journée internationale des femmes et des filles de science...