Audrey Azoulay, ancienne Directrice générale de l’UNESCO et marraine d’I-BE³ : « Ce nouveau Bachelor PSL vise à former de nouvelles générations dont nous avons besoin à travers le monde »
À partir de la rentrée 2026, le campus Pierre Laffitte de Mines Paris – PSL à Sophia Antipolis accueillera le nouveau bachelor PSL international I-BE³ (International Bachelor of Environmentally Engaged Engineering), une formation internationale en sciences et ingénierie accessible après le baccalauréat, accrédité par la Commission des titres d’ingénieur (CTI) et valant grade de licence. Ce programme entièrement dispensé en anglais combine exigence scientifique et compréhension systémique des grands enjeux contemporains, notamment les transitions écologique, énergétique et numérique.
La formation comprend un semestre à l’étranger obligatoire et se déroule dans un environnement académique multiculturel. Les étudiants I-BE³ peuvent également suivre un parcours unique pour obtenir une licence en sciences environnementales de l’Université Rice (Houston, Texas), reconnue pour son excellence dans la transition énergétique et les sciences environnementales. Le semestre d’automne de la troisième année se déroule sur le campus parisien de Rice, avec des cours dispensés par des professeurs de Rice, de l’ESPCI et de Chimie ParisTech, avant de poursuivre un an et demi sur le campus principal à Houston.
À l’issue des trois années, les diplômés pourront bénéficier d’une passerelle spécifique pour candidater aux cycles ingénieurs de Mines Paris, de l’ESPCI ou de Chimie ParisTech, ainsi qu’aux masters scientifiques de PSL, ou rejoindre directement le marché du travail grâce à des compétences professionnalisantes reconnues par la CTI.
I-BE³ s’inscrit dans une vision internationale de l’ingénierie au service de sociétés durables. La pédagogie vise à former des ingénieurs capables de relier fondamentaux scientifiques, compréhension des systèmes complexes et responsabilité sociétale.
Le cursus repose sur une approche active par projet, organisée en trois blocs d’enseignement mobilisant les sciences de l’ingénieur, les sciences des données et l’intelligence artificielle. Les projets confrontent les étudiants à des problématiques concrètes (énergie, eau, climat, santé, villes durables, mobilités ou industries responsables) alignées sur les Nations Unies et leurs Objectifs de développement durable (ODD).
Dans le cadre du World Engineering Day 2026, événement international organisé sous l’égide de l’UNESCO, l’équipe pédagogique de Mines Paris – PSL représentait l’Université. L’Ecole a également participé aux échanges consacrés à l’avenir de l’ingénierie et à son rôle dans le développement durable.
Lors de cette rencontre internationale, Philippe Blanc, enseignant-chercheur à Mines Paris – PSL et responsable du programme I-BE³, est intervenu dans une session consacrée aux premiers travaux préparatoires du troisième rapport mondial de l’UNESCO sur l’ingénierie, un document de référence destiné à analyser le rôle stratégique de l’ingénierie dans les transformations économiques, technologiques et environnementales.
Le programme I-BE³ a également été présenté à cette occasion comme exemple de formation visant à traduire concrètement ces orientations internationales dans l’enseignement supérieur.
À cette occasion, Audrey Azoulay, ancienne Directrice générale de l’UNESCO (2017-2025) et marraine du Bachelor I-BE³, revient sur les enjeux de la formation des ingénieurs face aux défis contemporains.
Vous avez accepté d’être la marraine du Bachelor of Environmentally Engaged Engineering (I-BE³) de PSL. Quels éléments vous ont convaincue de soutenir cette initiative ? Comment ce programme incarne-t-il les prescriptions que vous avez portées en tant que DG de l’UNESCO en matière d’ingénierie durable ?
« J’ai accepté avec grand plaisir de m’engager en soutien à la création de ce nouveau Bachelor de PSL parce qu’il vise à former de nouvelles générations dont nous avons besoin à travers le monde. J’avais fait publier en 2021, alors directrice générale de l’UNESCO, un rapport mondial de cette Organisation qui montrait que l’avenir de la planète et de l’humanité dépend de la mobilisation totale de la profession d’ingénieur. L’ingénieur n’est plus seulement un bâtisseur ; il est un leader stratégique, garant de la dignité humaine. L’ingénierie conditionne l’accès à l’eau, à l’énergie, aux infrastructures numériques pour l’éducation, au génie agricole, aux transports propres, aux bâtiments sobres en énergie, à la gestion des déchets et à la résilience climatique. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre un métier mais d’acquérir un pouvoir de transformation du réel. Et ce pouvoir appelle une éthique compte tenu de la trajectoire de notre monde. Le dérèglement climatique et la raréfaction des ressources naturelles ne sont plus des projections scientifiques : ce sont des contraintes politiques majeures qui appellent à revoir tout ce qui est considéré comme acquis. Elles redéfinissent les priorités des États, les modèles économiques et les équilibres internationaux. Dans ce contexte, l’ingénierie est devenue un levier central de transformation du réel mais aussi de souveraineté.
Pour ce Bachelor, PSL et la Rice University ont fait un choix fort : considérer que l’ingénierie n’est pas une discipline neutre, mais une fonction structurante des enjeux sociétaux, y compris lorsqu’elle s’exerce dans le secteur privé ou à l’international. »
Le Bachelor I-BE³ intègre des compétences pratiques en plus des fondamentaux scientifiques. Selon vous, comment cette approche qui concilie excellence académique et pratique permet de former les jeunes aux métiers de demain qui devront nécessairement intégrer les enjeux globaux ?
« Le programme d’I-BE³ a été conçu pour confronter les étudiants aux responsabilités. Sa pédagogie part des défis du monde réel pour revenir aux fondamentaux scientifiques. Les étudiants vont apprendre en faisant, à travers des projets concrets, en lien avec la recherche et avec l’industrie. Les projets de recherche semestriels, l’ingénierie et les sciences des données, les défis de professionnalisation et l’ouverture internationale — avec un semestre obligatoire à l’étranger — constituent un ensemble cohérent. Je suis très sensible à la combinaison vivante entre l’académique et le pratique, » la main à la pâte » à l’université. C’est très motivant pour les étudiants, qui vont être passionnés par les questions qui se posent dans la vie professionnelle. Et ils auront tout l’apport académqiue leur permettant d’imaginer leurs réponses. »
Quel message souhaitez-vous adresser aux lycéens qui s’interrogent sur le choix d’une formation dans l’enseignement supérieur ?
« Je les encourage à chercher ce qui peut correspondre à la fois à leur goût et à leur capacité de transformer le monde, à leur échelle. Rien n’est écrit d’avance. Nous vivons un moment dans lequel le monde a besoin de sciences et les sciences ont besoin d’eux, d’un regard qui soit différent de celui des générations précédentes. Besoin d’elles aussi car il y a toujours trop peu de filles qui s’engagent dans les carrières scientifiques. «
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