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Biographie

Philippe Mustar est un chercheur dont les travaux se concentrent sur l’entrepreneuriat académique, l’innovation technologique et les dynamiques des systèmes de recherche publique. Ses recherches analysent notamment les mécanismes de création et de développement des spin-offs issus d’organismes de recherche publics (PROs) et d’universités, en explorant leurs modèles économiques, leurs réseaux et leurs interactions avec les écosystèmes industriels et politiques. Mustar a également contribué à l’étude des politiques publiques en matière de recherche et d’innovation, en particulier en France et en Europe, en mettant en lumière les transformations des institutions scientifiques et leurs impacts sur la compétitivité industrielle. Ses travaux récents abordent les spécificités de l’entrepreneuriat étudiant, les cadres d’accompagnement des start-ups académiques et les enjeux de la formation à l’innovation dans les établissements d’enseignement supérieur.

Publication(s)

Enseignements

Semaine Entrepreneuriat

Responsable

Cette ECUE prend la forme d’une semaine bloquée qui combine différentes activités pédagogiques. Pendant ces cinq jours, tous les élèves de 1A d’une promotion, en équipe, suivent un processus cadré et outillé en étant entourés de facilitateurs expérimentés et de mentors qui évoluent déjà dans le monde entrepreneurial. Choix pédagogique 1 : Les élèves mènent un projet entrepreneurial en petits groupes du lundi au vendredi Le cœur de la semaine repose sur l’apprentissage par l’expérience, modalité pédagogique dominante aujourd’hui tant dans la littérature académique de l’Entrepreneurship Education, que dans les formations en entrepreneuriat des institutions les plus dynamiques du domaine. L’experiential learning correspond à une vision contemporaine théorique et pratique de l’entrepreneuriat où il n’est pas important d’avoir une « grande idée de départ », ni des ressources en abondance. Une idée assez générale suffit, car le processus entrepreneurial est fait de transformations - voire de l’abandon - de l’idée de départ. Les ressources ne sont pas nécessaires à l’origine : les entrepreneurs démarrent avec peu de moyens, les coûts sont négligeables, beaucoup d’éléments utiles sont en accès libre, les ressources s’acquièrent en avançant. Dans cette conception, plutôt que de demander aux élèves de travailler sur des études de cas ou d’apprendre, sur Excel, à réaliser un business plan (avec bilan prévisionnel, compte de résultat, plan de trésorerie, etc. sur cinq ans), on leur propose de repérer un problème, constituer une équipe, poser des hypothèses, rencontrer des utilisateurs, proposer une solution, développer une maquette simplifiée de leur produit ou service, la tester, observer les réactions des futurs utilisateurs, la transformer et, enfin, construire une représentation simplifiée de leur entreprise avec notamment un modèle de revenu (façon dont elle pourra tirer des revenus de son innovation), porter une vision de ce projet lors d’une présentation orale courte. Choix pédagogique 2 : le cheminement est encadré par des méthodes et des personnes ayant une expertise du domaine Les 130 élèves de la promotion sont répartis en trois groupes de 40 à 45 élèves qui travaillent en parallèle. Chaque groupe compte 8 équipes de 5 ou 6 élèves, constituées autour d’un défi de société, et trois facilitateurs et qui circulent d’équipe en équipe et qui mobilisent des outils simples et visuels (largement utilisés dans les projets entrepreneuriaux : universités, incubateurs ou accélérateurs). Chaque équipe dispose d’un mentor qui la rencontre deux fois dans la semaine (et qui peut être contacté au téléphone). Ces mentors sont d’anciens élèves de l’école créateurs d’entreprise ou travaillant dans une start-up, dans société de capital-risque, etc. Choix pédagogiques 3 : une variété de modalités et de configurations de travail Cette « semaine entrepreneuriale » propose une diversité d’activités : conférence(s) académique(s) sur l’entrepreneuriat, table-ronde montrant la diversité de l’entrepreneuriat, rencontre avec des entrepreneurs, avec des acteurs de l’écosystème entrepreneurial, travail en équipe avec des enseignants-formateurs en innovation et entrepreneuriat, intervention de mentors (généralement des alumni de l’écosystème entrepreneurial), moments collectifs, travail de terrain hors de l’école avec des utilisateurs ou clients, séances de présentation du projet (pitches). Le travail encadré aux Mines sur des outils de développement entrepreneurial représente près de 50 % du temps, le travail de terrain 20 %, le mentorat 10 % ; et les rencontres et visites 20 %.

Entreprise et Management industriel

Responsable

Diverses sources convergentes soulignent que les élèves en première année d'école d'ingénieur ont une représentation erronée du monde de l'entreprise et du monde industriel (que ce soit à l'échelle de la France ou à l'échelle mondiale). Sur la base de ce constat nous pouvons relevé que les idées traditionnellement associées à l'entreprise ou à l'industrie oscillent entre deux représentations tout aussi erronées l'une que l'autre : d'une part un univers entièrement taylorisé qui renvoie dans l'inconscient collectif aux temps modernes de Charles Chaplin. Si cet environnement n'a pas totalement disparu (nous pensons notamment à certains sites à l'international ou aux activités de service en France comme les centres d'appel) de nombreuses réponses organisationnelles ont été apportée depuis les années 30 (équipes semi-autonomes fondées sur la polyvalence, rotation de postes, autocontrôle de la qualité, responsabilisation des ouvriers, ...). d'autre part un univers entièrement automatisé ou les opérateurs ne seraient plus présents. En tendance cette disparition progressive des opérateurs n'est pas foncièrement fausse. Une étude de l'INSEE met ainsi en évidence que l'on ne recense en 2010 guère plus de 6 millions d’ouvriers en France. Cette évolution est la conséquence du recul de l’industrie et il est intéressant de noter que c’est la composante la moins qualifiée de cette main-d’œuvre qui a été la plus touchée, du moins jusqu’au milieu des années 1990. Il n'en reste pas moins que les ouvriersreprésentent encore un emploi sur cinq dans l'économie française et il est raisonnable de penser qu’à l’échelle du monde ce pourcentage est bien plus élevé. En dehors de ces représentations, un constat plus robuste s'impose. Le monde de l'entreprise et le monde industriel ne sont ni homogènes ni statiques. Les travaux réalisés par la fabrique de l'industrie mettent bien en évidence la diversité de la réalité industrielle (cf. L'indus'Trip, Journal de Bord de Dimitri Pleplé) et les efforts de transformation engagés (retenons comme parangon de ces efforts toutes les actions menées sous le vocable de l'industrie du futur). Il apparaît alors important d’offrir la possibilité aux élèves de mieux appréhender d’une part le monde ouvrier et le rôle d’exécutant et d’autre part la diversité de l’univers industriel. Il s’agit de préparer les élèves et de les équiper intellectuellement afin qu’ils soient en mesure de penser la transformation à l’œuvre en intégrant la place de l’homme (et plus spécifiquement celle des opérateurs non qualifiés assumant des fonctions d’exécution). Les enjeux sont de premières importances et touchent tout à la fois à l'emploi et à la compétitivité de l'économie française mais aussi, comme préalable, à la conception des organisations industrielles et plus généralement des entreprises. Les différentes formes de performances (quantité, qualité, cout, délai, diversité, innovation,...) que l'on cherche collectivement à atteindre sont questionnées dont bien entendu la performance psychosociale à relier aux enjeux de santé et de qualité de vie au travail. Il est important de souligner que la figure mythique de l’exécutant, l’ouvrier en bleu de travail sur une chaine de production, n’est plus centrale mais que les problématiques soulevées sont toujours d’actualité. Le travail d’exécution a investi d’autres secteurs, la moitié des ouvriers travaillent dans le tertiaire, ils sont 15% dans le bâtiment et dans certains domaines comme la logistique leur nombre augmente. En ce sens, le stage exécutant et son encadrement pédagogique ne peut se cantonner à l’univers industriel mais doit aborder un périmètre plus large d’activité (ce qui est déjà le cas aujourd’hui). Pour autant les méthodes de rationalisation mobilisée dans l’industrie ont essaimé. En ce sens, une clé d’entrée industrielle garde tout son sens. Un travail est actuellement engagé par l’équipe pédagogique pour clarifier le périmètre d’activité pertinent à proposer aux élèves et la nature des postes à sélectionner. Nous le voyons, les enjeux sont de tailles et l'enseignement du module "Introduction à l'entreprise et aux enjeux du management industriel" est l’opportunité pour les élèves d’avoir un premier contact avec ces problématiques. Il s’agit notamment de leur permettre de se rendre compte de la réalité du travail d’exécution, de ses caractéristiques, de son système d’organisation et de management., en d’autres termes de prendre conscience du degré de prescription (ou de sous confinement) du travail. Cette introduction au monde de l’entreprise par le travail d’exécution est un élément essentiel à l’apprentissage des futurs ingénieurs. Il s’agit progressivement de permettre aux élèves de comprendre l’articulation qu’il existe entre le poste de travail, le système industriel et organisationnel dans lequel celui- ci s’inscrit, les enjeux de management des hommes ainsi que la diversité des formes de régime industriel et organisationnel et leur caractère artefactuel (non naturel). Il s’agit de mettre aussi en évidence le rôle des ingénieurs dans ces transformations. Les évolutions des systèmes industriels et l’évolution des méthodes de management viennent conclure le module et ouvrent vers les enseignements de 2ème et 3ème année,notamment la transformation de l’industrie d’aujourd’hui vers l’industrie du futur.

Période d'enseignement d'option (octobre+janvier)

Responsable

Innovation et entrepreneuriat (INNOV) option

Responsable

Le parcours entrepreneurial Il comprend les périodes dites d’enseignement de 2e et de 3e années avec quatre ensembles d’activités : des modules d’enseignement technique (1), des ateliers avec des entrepreneurs et des professionnels (2), une mission à l’étranger (3), la construction d’un projet de start-up (4) ; et, la période de « stage » d’option (5) qui se fait dans des configurations variées de la création d’entreprises au développement de nouvelles activités dans des grands groupes, en passant par l’immersion dans une start-up ou une société de capital-risque. 1 - MODULES D’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE (3A) avec des professeurs de business schools (HEC, ESSEC, ESCP, Imperial College) ou des professionnels : Management et entrepreneuriat, Marketing et communication des innovations, Droit (propriété intellectuelle, droit social, forme sociale des entreprises), Finance et financement (ingénierie financière, capital-risque, politiques et aides publiques), Design (avec les étudiants de l’ENSCI), Négociation… 2 - ATELIERS AVEC DES ENTREPRENEURS (3A) sur les Processus de création des start-ups, l’Entrepreneuriat dans les grands groupes, l’Entrepreneuriat social, la création d’entreprise dans des secteurs variés (biotechs, clenatech, numérique, etc.). Il s’agit de comprendre les processus entrepreneuriaux dans différents contextes, mais aussi les difficultés et les problèmes rencontrés et la façon dont les entrepreneurs les ont surmontés. 3 - MISSION À L’ETRANGER (2A) pour comprendre un écosystème entrepreneurial : 2013 à New York, 2014 à Shanghai, 2015 Berlin, 2016 Londres et Cambridge, 2017 Helsinki… 4 – PROJET DE CREATION DE START-UP (3A). L’objectif est de bâtir un projet de start-up entre début octobre et fin janvier. La méthode : les élèves par groupe de 2 ou 3 doivent définir une proposition de valeur, une description du marché cible potentiel, analyser son environnement, définir son avantage compétitif, construire son architecture (ressources et activités clés, partenariat) et son modèle de revenu. Pendant ces 4 mois, ils sont encadrés et fin janvier, ils présentent leur projet à un comité d’investissement composé d’entrepreneurs et d’investisseurs en capital-risque. Cet exercice encourage la créativité, la prise de risque, l’autonomie, le travail d’équipe et l’engagement des élèves (les groupes travaillent en dehors des créneaux horaires de l’option !). Il complète et permet une mise en œuvre pratique des enseignements, rencontres et conférences des différents modules et ateliers de l’option. Ces projets peuvent éventuellement se poursuivre jusqu’à la fin juin et devenir le « stage » d’option de 3A. Certains d’entre eux sont devenus de réelles entreprises (Spotistic, YesPark…). 5 - SUJETS D’OPTION (3A). Ce travail pratique porte sur une situation réelle (en France ou à l'étranger) et demande un fort engagement personnel. Il se fait dans des configurations variées : au sein d’une start-up, d’un grand groupe (intrapreneuriat), en créant sa propre start-up (avec d’autres élèves ou un serial entrepreneur), dans une société de capital-risque, dans le monde de l’entrepreneuriat social… Exemples de sujets : - Kit&Pack, création d’une start-up au service des makers - Identifier les start-ups innovantes dans l’efficacité énergétique, Total Energy - Intrapreneuriat au sein d’un grand groupe audivisuel, CANAL+ - Emergence d’une start-up de la synthèse d’ADN, DNA Script - Comment un cabinet de conseil en stratégie peut-il être au centre de l’innovation technologique entrepreneuriale, Bain & Company - Répondre à un problème de société par une démarche entrepreneuriale : insertion des jeunes au Caire, AFD et Schneider Electric - Repenser la recommandation de films à travers une appli. smartphone, SOFA - Vers un nouveau mode de partage de compétences pour les entreprises avec la start-up Jacoop - Création d’une start-up de gestion dématérialisée des files d’attentes, Q4U ORGANISATION PRATIQUE DE L'OPTION L’option est choisie en moyenne par une dizaine d’élèves. La plupart des activités (modules, ateliers et projets de création de start-ups) se passent dans notre Espace de co-working (La Bulle électrique, à côté de la salle V334). Spécificité de l'option L’option est fortement ouverte vers l’extérieur (y participent des professeurs des meilleures Business Schools françaises) et l’international. Elle cultive des liens forts avec de nombreux acteurs de l’écosystème entrepreneurial (start-ups, grandes entreprises, financiers, recherche en entrepreneuriat, pouvoirs publics…). La pédagogie favorise les rencontres et les travaux avec des créateurs de start-ups ou d’activités nouvelles au sein de grands groupes, de sociétés de capital risque en France et à l’étranger. Les travaux se font en groupes. L’option met l’accent sur l’apprentissage par l’action et la pratique. Si les aspects académiques et théoriques ne sont pas délaissés, la plupart du temps se passe sur le terrain. L’option permet de se confronter à une vie économique de plus en plus changeante et difficile mais aussi riche et stimulante. Le devenir des optionnaires (diplômés de 2009 à 2016) La philosophie de l’option est que l’on peut être entrepreneur dans des contextes très différents. C’est ce que montre les 80 alumni de l’option depuis sa création. Aujourd’hui, 45 % d’entre eux des travaillent dans le monde des start-ups ou du capital-risque (par exemple : Weezic, Toucan Toco, YesPark, Captain Dash, Change.org et Aster Capital à San Francisco, Nest for All au Sénégal, Spotistic à Berlin) ; 25 % dans des moyennes ou grandes entreprises (par exemple : Criteo, Facebook à Londres, Airbus, Alstom, Renault, Vinci, SNCF) ; 20 % travaillent dans le conseil (Mc Kinsey, Bain, BCG) ; et 10 % sont en thèse ou en post-doc (Oxford, MIT, Mines ParisTech).

Direction(s) de thèse(s)

  • 2024 Entreprises à forte croissance, création d'emplois et financement DOSSOU Stephen