« Former des professionnels capables de comprendre et d’évaluer les outils de demain » : Olivier Rodot, Directeur des études des cycles Albert School à Mines Paris – PSL
Le Master of Science (MSc) Data for Business, porté par Mines Paris – PSL et développé avec Albert School, s’est vu attribuer le grade de Master par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette reconnaissance vient compléter le grade de Licence obtenu en février, pour le Bachelor en Business, Data et IA.
L’obtention du grade de Licence et du grade de Master est avant tout une démarche de reconnaissance académique nationale, qui vient consacrer la qualité et l’exigence des formations que nous avons construites avec Albert School. Ces grades, délivrés par l’État, attestent que nos programmes répondent aux standards les plus élevés de l’enseignement supérieur français, tant sur le plan académique que pédagogique.
Au-delà de cette reconnaissance, l’objectif était très concret : sécuriser et renforcer la valeur du diplôme pour nos étudiants, en France comme à l’international. Dans un environnement où les parcours deviennent de plus en plus hybrides et internationaux, il est essentiel que les diplômes soient immédiatement lisibles et reconnus par les universités, les recruteurs et les institutions.
Pour les étudiants, les bénéfices sont multiples. D’abord, cela garantit une pleine reconnaissance académique, notamment pour poursuivre des études, intégrer un doctorat ou candidater dans des institutions internationales. Ensuite, cela renforce la crédibilité du diplôme sur le marché du travail : le grade de Master, en particulier, reste une référence forte pour les employeurs, en France comme à l’étranger.
Enfin, cette reconnaissance institutionnelle apporte une forme de sécurité et de lisibilité dans le parcours : les étudiants savent que leur formation s’inscrit pleinement dans le cadre national et européen des diplômes (LMD), tout en conservant la singularité de notre modèle pédagogique, à la croisée de la data, du business et des sciences.
En résumé, ces grades ne changent pas l’ADN de nos programmes (qui était déjà exigeant et professionnalisant) mais ils en renforcent la portée, la reconnaissance et les opportunités offertes à nos étudiants.

Pour Albert School, l’obtention du grade de Licence et du grade de Master constitue une étape structurante en envoyant un signal fort à l’ensemble des parties prenantes : étudiants, familles, entreprises… Avec des diplômes désormais reconnus par l’État, Albert School peut accélérer son attractivité, notamment à l’international, et nouer plus facilement des partenariats académiques structurants (échanges, doubles diplômes, poursuites d’études).
Cette reconnaissance renforce directement notre attractivité, et donc notre sélectivité : nous en constatons déjà les effets dès cette année sur le Bachelor, avec un nombre particulièrement élevé de candidatures sur Parcoursup, alors même que nous y participons pour la première fois.

Le grade de Licence est accordé par le ministère de l’Enseignement supérieur au terme d’une procédure d’évaluation rigoureuse, conduite par la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Cette dernière accrédite les formations d’ingénieur en France mais est également chargée d’évaluer les formations de Bachelor portées par des écoles d’ingénieurs.
Après une rencontre avec le rapporteur principal de la CTI, en charge de notre dossier, le processus comportait trois phases distinctes.
La première était la phase préparatoire. Elle consistait à constituer puis à communiquer le 16 mai 2025 un dossier complet de demande, comprenant notamment un rapport d’autoévaluation structuré selon le référentiel de la CTI. Ce rapport d’autoévaluation devait renvoyer à des éléments de preuves regroupés dans un dossier numérique, incorporant notamment un projet de fiche RNCP (mettant en relief les blocs de compétences visés) et le tableau chiffré des critères de grade démontrant la conformité aux critères de l’arrêté du 27 janvier 2020 relatif aux grades universitaires.
La deuxième phase était l’évaluation elle-même. Une équipe d’experts CTI a examiné le dossier et a conduit une visite d’évaluation le 2 juillet 2026.
À tour de rôle, le Directeur général de Mines Paris -PSL, Godefroy Beauvallet, le Directeur général d’Albert School, Grégoire Genest, et moi-même avons présenté le Bachelor sous différents angles.
Le rapporteur principal a ensuite rédigé un rapport de mission, transmis à l’École le 14 octobre 2026 pour observations, avant d’être finalisé.
La troisième phase était la délibération et la décision. La CTI a rendu un avis favorable transmis à la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP), qui a ensuite préparé le projet d’arrêté, l’a soumis au CNESER [Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche], puis a publié l’arrêté conférant le grade de Licence le 12 février 2026. Peut-être est-il utile de souligner que le rapport de la CTI mentionnait 0 critère non conforme à l’ensemble des critères du référentiel Bachelor. Seul un critère, relatif au taux d’enseignants permanents pas encore suffisants, a été jugé partiellement non conforme.
Durant ces étapes, il a fallu notamment démontrer que notre Bachelor était professionnalisant, adossé à la recherche et gérée avec une démarche qualité rigoureuse.

Dans le cadre du MSc, la procédure était différente. Nous ne sommes pas passés par la CTI, mais directement en procédure dite « hors vague » avec la DGESIP [Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et de l’Insertion Professionnelle]. J’ai communiqué un dossier de demande d’accréditation à cette dernière le 17 juillet 2025, qui comprenait notamment un document présentant une note stratégique détaillée, le descriptif de la formation (incluant les compétences visées) et la présentation de l’équipe pédagogique. Un second document appelé note d’opportunité devait présenter la valeur ajoutée de ce MSc au regard du monde socio-économique, les secteurs et emplois visés… J’ai également conçu puis transmis un projet de fiche RNCP accompagné du tableau croisé avec les trois référentiels.
Des compléments de dossier ont été demandés et communiqués en septembre 2025. J’ai ensuite soumis l’intégralité du dossier au chef de mission de la tutelle. Deux audits ont précédé la publication de l’arrêté au Journal officiel, le 12 avril 2026 : le premier avec le CNESER le 10 février 2026 (au sein du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, ancien campus de Polytechnique jusqu’en 1975) puis avec le CSLMD [Comité de Suivi Licence-Master-Doctorat] le 3 avril 2026 en présence de France Compétences (en charge de l’évaluation de la fiche RNCP).
Le grade de Licence et celui de Master sont conférés aux diplômés durant une durée limitée, respectivement 2029 et 2032, dates à laquelle je soumettrai des dossiers de renouvellement.
Quatre grands chantiers d’ici-là.
Le premier est la mobilisation de davantage d’enseignants-chercheurs de Mines Paris – PSL au sein des formations aussi bien pour les unités d’enseignement de maths ou de data que pour celles d’humanités. Un business deep dive orienté recherche est également à l’étude afin de sensibiliser les étudiants de Bachelor au monde de la recherche.
Le second chantier est la refonte complète de la maquette du Bachelor, à la suite des conclusions relevées lors des comités de revue des unités d’enseignement et des comités de perfectionnement pédagogique. Au sein de ces comités, des entreprises ont pu nous éclairer sur les attentes actuelles des recruteurs en matière de compétences et profils data & IA ainsi que l’évolution du marché dans les mois à venir. D’autre part, l’intelligence artificielle progresse à une vitesse telle qu’aujourd’hui, il devient très simple de générer des centaines, des milliers, voire des millions de lignes de code : une réflexion approfondie doit donc être menée sur l’enseignement du code et plus généralement sur l’ensemble des unités d’enseignement.
Une refonte du MSc est également en chantier notamment sur le plan des modalités d’évaluation à diversifier.
Le troisième chantier est la construction d’un observatoire de l’insertion. Le référentiel de la CTI exige des données concrètes sur le devenir des diplômés à 18 mois et à 30 mois : taux d’emploi, nature des contrats, secteurs, niveaux de salaire, mais aussi taux de poursuite d’études et réussite dans les formations de niveau master. Nos premières promotions approchent de ces jalons (Le partenariat Mines Paris – PSL a démarré en septembre 2024 de sorte que la première promotion du MSc sera diplômée cette année tandis que celle du Bachelor arrivera en 2027). Il faut maintenant mettre en place un suivi systématique, avec un taux de réponse aux enquêtes supérieur à 75 %, comme l’exige le référentiel.
Le dernier chantier sont les fiches RNCP. L’inscription au Répertoire national des certifications professionnelles est la conséquence directe de l’obtention du grade. Je suis en lien direct avec France Compétences pour ces dossiers. Je dois maintenir à jour ces fiches et m’assurer de leur cohérence avec l’évolution des compétences visées et du marché.

Une veille pédagogique active de la part des enseignants est tout d’abord indispensable. Mines Paris – PSL dispose d’équipes de recherche directement impliquées dans les avancées du domaine. Cette proximité avec le monde la recherche est un atout réel de mise à jour des contenus. Un enseignant qui publie dans le domaine qu’il enseigne intègre naturellement les développements récents dans ses cours. C’est d’ailleurs pourquoi le référentiel CTI exige un adossement à la recherche car cela garantit que les enseignements ne vieillissent pas.
Une révision régulière chaque année des maquettes pédagogiques est donc inévitable. Certains ECUE vont être amenés à disparaître au profit d’autres. Les comités de revue et de perfectionnement pédagogique, réunissant équipe académique, enseignants, professionnels et représentants étudiants vont jouer un rôle moteur pour l’intégration de ces progrès fulgurants dans le domaine de l’IA notamment : leur rôle est précisément d’identifier les décalages entre le contenu enseigné et les pratiques réelles du secteur. Si les entreprises qui recrutent nos diplômés utilisent massivement des LLM dans leurs workflows data, cette réalité doit se retrouver dans nos enseignements, pas comme une mode, mais comme un objet d’étude sérieux, avec ses capacités et ses limites.
Enfin, une posture épistémique doit être transmise aux étudiants. La vitesse de changement du domaine rend indispensable la capacité à apprendre de manière autonome et critique. Ce n’est pas une compétence abstraite : elle s’acquiert en lisant des articles de recherche, en reproduisant des résultats, en comprenant pourquoi un modèle échoue plutôt que de constater qu’il réussit. L’objectif n’est pas de former des utilisateurs performants des outils d’aujourd’hui, c’est de former des professionnels capables de comprendre et d’évaluer les outils de demain. Notre partenaire Albert School est parfaitement aligné sur notre devise : Théorie et Pratique !
Ce qui me frappe, après bientôt une année et demie à ce poste, c’est la cohérence du projet. Mines Paris – PSL apporte une rigueur académique construite sur plus de deux siècles de formation scientifique et technique. Albert School apporte une agilité pédagogique, une culture entrepreneuriale et une proximité avec le monde économique. Ces deux logiques ne s’opposent pas, elles se complètent, et c’est précisément ce que nos étudiants viennent chercher.
Les grades de Licence et de Master ne sont pas la fin de cette construction. Ils en sont, d’une certaine façon, la première validation externe. Le vrai test sera celui du temps : la réussite professionnelle de nos diplômés, leur capacité à s’adapter à un secteur qui ne ressemblera pas, dans dix ans, à ce qu’il est aujourd’hui.
Je suis convaincu qu’une formation solide sur les fondements scientifiques est la meilleure protection contre l’obsolescence à condition que ces fondements soient constamment éprouvés au contact du monde de l’entreprise. C’est ce qu’incarnent les Business Deep Dives, notre signature pédagogique.

Cet article est republié à partir d’Albert Deep Dive. Lire l’article original (version anglaise).
Ces programmes de niveau Bachelor et Master s’inscrivent dans une ambition commune : former des profils capables de relier sciences, data et management afin d’accompagner les grandes transformations technologiques et économiques. Portés par l’exigence académique de Mines Paris – PSL et une approche pédagogique en lien étroit avec les besoins des entreprises, ils constituent un cadre structurant pour développer des compétences hybrides, directement opérationnelles et évolutives.
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