Les gemmes

Beauté, rareté et science des pierres précieuses.

La collection de gemmes du Musée de Minéralogie comprend des pierres précieuses et fines – diamants, saphirs, spinelles, opales ou tourmalines – souvent taillées pour révéler leurs jeux de lumière, mais aussi des gemmes brutes, pédagogiques ou rares.
Certaines pièces sont directement liées à l’histoire de la gemmologie française et à la recherche menée au sein de l’École. Cette section permet de comprendre les propriétés optiques, la classification des gemmes, mais aussi les enjeux de leur identification, entre nature et imitation.

 

Groupe de quartz taillés de différentes couleurs, provenant de la collection ENSMP : citrine, améthyste, amétrine, quartz rose, quartz girasol.  © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.

Qu’est-ce que c’est une gemme ?

Une gemme est un matériau naturel, incluant minéraux et roches, qui est à la fois belle, rare et suffisamment résistante pour être taillée et polie, et utilisée en joaillerie. La pureté, la couleur, la dureté, l’éclat et d’autres qualités jouent un rôle déterminant dans l’utilisation qui sera faite de la gemme. Il existe ainsi différentes qualité de gemmes, allant des plus transparentes et plus pures, qui seront idéalement taillées à facettes, jusqu’aux pierres très incluses ou opaques, intéressantes pour leurs couleurs ou effet lumineux, généralement taillée sous forme de cabochon (ex : minéraux microcristallisés comme la turquoise ou la malachite ; roches ornementales, comme le lapis-lazuli ou le jade).

Le terme de « gemme » est actuellement préféré aux termes de pierres précieuses et fines. Le terme de « pierre semi-précieuse » est officiellement interdite dans le commerce depuis le Décret n°2002-65 du 14 janvier 2002.

Les gemmes sont utilisées depuis la nuit des temps, et travaillées depuis l’Antiquité. Certaines sont connues depuis la période antique, mais certaines gemmes très populaires aujourd’hui ne furent exploitées qu’à partir des années 1970 : on peut notamment citer la tanzanite, découverte en Tanzanie en 1968.

La collection du Musée de Minéralogie comporte plus d’un millier de gemmes, en très grande majorité desserties mais parfois encore montées sur de petits objets (comme des ex-votos).

Topaze bleue de 233,46 ct (46,69 g !) provenant de Volhynie en Ukraine, donnée par l’association ABC Mines en 1997 (ENSMP 46129).

Ex-voto en turquoise gravée, d’origine inconnue (ENSMP 684201). © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.

Reproduction en verre de diamants célèbres, de haut en bas : le Grand Mogol, le Cullinan I , le Cullinan II, l’Orlov (189,62 ct) et le Koh-i-Noor. © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.


Des gemmes historiques : Les Joyaux de la Couronne de France

Sélection de quelques « Rubis du Brésil » (topazes roses) provenant des Joyaux de la Couronne de France, déposées au Musée de Minéralogie de l’Ecole des Mines de Paris en 1887. Ces topazes faisaient originellement parties de la grande parure de « Rubis du Brésil » de l’impératrice Marie-Louise, créée par le joaillier Nitot en 1811. © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.

Les  » Joyaux de la Couronne de France » (ou « Diamants de la Couronne ») sont un ensemble de gemmes, parures et objets ayant appartenus à la royauté puis aux empereurs francais. Ils ont été constitués originellement par lettre patente du roi François 1er en 1530, déclarées inaliénables et propriétés du royaume de France.

L’inventaire fait par les experts en 1886 compte 77486 pierres, desserties ou non. Rendu « aliénable » par décret sous la IIIe République, ce trésor national est majoritairement vendu en 1887, suite à une exposition au Louvre. Le gouvernement est alors soucieux d’assoir son pouvoir politique dans une France encore marquée par l’empire napoléonien et la royauté déchue. Une petite partie des gemmes desserties et des objets fut attribuée à des musées nationaux : au Musée du Louvre, au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et au Musée de Minéralogie de l’Ecole des Mines de Paris.

Le Musée de Minéralogie hérita de 1249 échantillons. Mais la politique d’échange de la fin du 19e et début du 20e siècle au musée a fait disparaître quelques uns de ses trésors. La revente de deux rangs de plus de 900 perles a même été autorisée par le gouvernement en 1903, alors qu’un vol sévissant tout Paris en 1909 emportant 2 petits diamants. Le musée compte à présent une suite de petites émeraudes provenant de la Couronne de Sacre de Napoléon III, des « Rubis du Brésil » (topazes roses) et des améthystes de l’Oural provenant de parures de l’impératrice Marie-Louise, créées par le joaillier Nitot, ainsi que des perles en émeraudes provenant des saisies révolutionnaires.

NB : en raison du cambriolage d’une partie des Joyaux au Musée du Louvre le 19 Octobre 2025 , les gemmes des Joyaux ne sont plus visibles au public pour le moment par mesure de précaution. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée.

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