Les espèces types

Lorsqu’une nouvelle espèce est décrite, on considère comme  « minéral type » celui (ou généralement ceux) ayant permis d’en préciser les propriétés cristallographiques, physiques et chimiques.  Ces échantillons doivent être déposés dans un une institution (musée, université) afin d’en assurer la conservation et l’accès ultérieur.
Le musée de Minéralogie est l’un des plus importants dépositaires de ces échantillons de grand intérêt scientifiques. Deux vitrines sont dédiées à ces minéraux, portant le nom de grands minéralogistes de l’École des Mines et du musée, ou découverts par l’un deux.

Urvöllgyite de Hongrie (ENSMP 38282). © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / Eloïse Gaillou.

De l’importance des minéraux types

Lorsqu’une nouvelle espèce est décrite, on considère comme  » échantillon type  » celui ou ceux ayant permis d’en préciser les propriétés cristallographiques, physiques et chimiques. Normalement, mais hélas depuis peu de temps, ces échantillons doivent être déposés dans une institution muséale ou universitaire  afin d’en assurer la conservation et l’accès ultérieur. Chacun doit être identifié par un numéro de catalogue unique, et répertorié sur le site de l’International Mineralogical Association (IMA). En effet, si de nouvelles études de spécification doivent être entreprises sur une espèce donnée, elles ne peuvent donner des résultats valides que si elles sont effectuées sur des échantillons ou des fragments d’échantillons types surtout si ces études doivent conduire à discréditer une espèce, parce qu’elle se révèle être un mélange ou correspondre à une espèce préexistante.

Depuis une vingtaine d’années, les catégories d’échantillons types à utiliser en minéralogie descriptive ont été définies ; cette nomenclature est basée sur le degré de parenté avec l’holotype, qui a servi à caractériser l’espèce. On distingue ainsi les cotypes, échantillons utilisés pour compléter la description, et les métatypes, échantillons reconnus par l’auteur comme identiques à l’holotype. On trouve ensuite les  » échantillons d’auteur « . Les auteurs des articles scientifiques sur ces nouveaux minéraux ont parfois envoyé des échantillons au musée, sans signaler si c’est bien celui ou un de ceux ayant servi à la description. C’est évidemment une catégorie encore plus fréquente, lorsque l’époque de la description de l’espèce est ancienne ; même si l’on est certain que c’est un échantillon provenant de l’auteur, il est souvent très difficile d’affirmer qu’il a été utilisé pour des études descriptives, sauf si l’auteur ou celui qui a reçu le spécimen l’a précisé sur l’étiquette ou si des reliques évidentes d’expériences entreprises dans le passé (fragments dans tubes répertoriés, lames minces…) accompagnent l’échantillon. Nous avons enfin regroupé sous le terme  » dédicataire  » les échantillons transmis par la personne à qui a été dédié le minéral. Cette catégorie est d’un intérêt moindre puisque rien ne prouve, a priori, que l’échantillon correspond bien au matériel étudié par l’auteur.

Depuis 1957, une recherche systématique des échantillons types d’espèces anciennes fut effectuée dans les collections de l’École. Nous conservons également la majorité des échantillons types des espèces décrites en France depuis la seconde guerre mondiale.

Tous ces échantillons (au total 700 types d’espèces ou de variétés) sont conservés à part et avec des précautions particulières. Il existe également deux vitrines au sein du musée qui présentent certains de ces échantillons, montrant notamment des espèces minérales découvertes par des professeurs et conservateurs de l’Ecole des Mines, ou qui portent leur nom.