Les minéraux

Un voyage au cœur du monde minéral.

Les minéraux constituent les piliers de la collection du musée, réunie dès la fin du XVIIIe siècle pour former les ingénieurs des Mines. Riche de plusieurs dizaines de milliers d’échantillons, la collection couvre l’ensemble des familles minérales connues, avec des spécimens emblématiques par leur qualité cristalline, leur rareté ou leur origine historique.
De grandes vitrines présentent des pièces spectaculaires issues d’anciennes mines françaises, de gisements européens et de sites emblématiques à travers le monde. Classée selon une logique scientifique rigoureuse, la collection est à la fois un outil pédagogique, un patrimoine d’exception et un émerveillement pour tous les visiteurs.

Une collection de rang mondial

Avec près de 5000 échantillons exposées et plus de 100 000 dans ses collections, Le Musée dispose de l’une des plus grandes collections mondiales de minéraux. Dans la galerie sont exposées 832 espèces de minéraux différents. Prévoyez du temps pour votre visite !

La collection a une valeur scientifique bien sûr, notamment avec ce que l’on appelle les minéraux « types » : ce sont les minéraux qui ont servi pour les analyses scientifiques permettant la description d’une nouvelle espèce minérale. Le musée est l’un des plus grands dépositaires au monde de ces espèces de grande valeur scientifique.

Mais au-delà de cette valeur scientifique, les échantillons ont aussi une valeur historique : des grands noms de la minéralogie ont œuvrées dans les collections, et nous on transmis cet héritage jusqu’à nos jours. On peut par exemple nommer l’Abbé René Just-Haüy, le premier conservateur du Musée dès 1794 : prêtre réfractaire à la constitution civile du clergé en 1791, il est considéré comme le père de la cristallographie.


Qu’est ce qu’un minerai ?

  • Un minerai est un matériau d’origine naturelle dont on peut extraire un ou plusieurs minéraux présentant un intérêt économique.
  • La chalcopyrite, un sulfure de fer et de cuivre, est par exemple un des principaux minerais de cuivre.
  • La lépidolite est par exemple un minerai principal de lithium.

Minerai de lithium : roche composée de lépidolite (mica riche en lithium) et de tourmaline elbaïte rose (tourmaline contenant également du lithium), provenant de Pala, Californie, USA (ENSMP 4758). © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.

Qu’est ce qu’un minéral ?

  • Un minéral est un solide cristallin naturel, caractérisé par une composition chimique donnée associée à une structure atomique spécifique. Un minéral peut être constitué d’un seul élément (ce qui est rare, on parle alors d’éléments natifs), mais le plus souvent, il s’agit de composés (contenant au moins deux éléments chimiques).
  • Il existe quelques exceptions à cette définition simplifiée, comme le mercure, qui est un minéral mais qui est liquide à température ambiante. Quelques minéraux solides dépourvus d’arrangement atomique (amorphe) sont considérés comme des minéraux, comme les opales.

Cristal multicolore de tourmaline elbaïte provenant du Brésil (ENSMP 6199). © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.


Comment classifier les minéraux ?

Échantillons de tiroir de la collection de Drée / Dolomieu. © Musée de Minéralogie Mines Paris – PSL / E. Gaillou.

Plusieurs classifications existent pour classer les plus de 6000 espèces de minéraux existant actuellement  dans le monde. C’est la classification de Dana de 1837, du nom du géologue américain James Dwight Dana, qui a été retenue à l’internationale. Elle fut révisée plusieurs fois par la suite, principalement par Strunz (1941) puis Nickel et Strunz (2002) et actuellement maintenue par Mindat.org. Cette classification contient 10 grandes familles de minéraux, classées selon leur chimie. C’est sur la base de cette classification que l’International Mineralogical Association met à jour les nouvelles espèces et leur classement.

Lors d’une grande campagne de réaméagement de la collection à partir des années 1960, c’est donc naturellement que les minéraux sont réorganisés dans ses 10 « classes », que ce soit au sein de la réserve qu’au sein de l’exposition.

Ainsi, la répartition des échantillons dans le Musée suit cette classification : chaque salle du Musée accueille une famille différente, allant des natifs aux silicates. Cela permettait aux étudiants et amateurs de visualiser et d’illustrer la classification scientifique des minéraux, juste en parcourant la galerie.


D’où viennent les minéraux de la collection ?

La provenance des échantillons est très diverse, et reflète l’évolution de l’École des Mines au cours de l’histoire. C’est avec la création du « Cabinet de Minéralogie » en 1794 par décret du Comité de Salut Public que la collection du musée se constitue réellement. Le cabinet est constituté afin de réunir et préserver « toutes les productions du globe et de la République, rangées suivant l’ordre des localités ». Les moyens sont déployés pour constituer cette collection nationale, qui répertorie les minéraux suivant leur gisement, mais également suivant les espèces minérales.

Ce sont des achats de collections entières, des missions de terrain des professeurs et des élèves, mais aussi des confiscations révolutionnaires qui constituent au début la collection du Cabinet de Minéralogie.

Le XIXème siècle constitue la période la plus faste, avec les retours des grandes expéditions scientifiques, les missions sur le terrain, des produits des expositions universelles, des achats, dons et legs de collections, ainsi que des échanges. 

La provenance géographique est également très diverse : si la majorité provient de France et d’Europe  (rappelant le but premier du Musée qui fut d’inventorier, cartographier et de recenser toutes les ressources minérales de France), une partie importante des minéraux proviennent des anciens empires coloniaux, d’où la grande variété au sein des collections avec plus d’une centaine de pays représentés.

Dès 1995, la collection est digitalisée et chaque échantillon est doté d’un numéro d’inventaire « ENSMP » pour Collection de l’École Nationale Supérieure des Mines de Paris, inscrit à l’inventaire national du patrimoine français. Les échanges ne sont plus possibles sur ces échantillons répertoriés à cet inventaire national, la collection ne peut que s’enrichir.

Depuis 2011, les nouvelles acquisitions du musée se font uniquement par des dons, qu’ils soient monétaires ou en nature. On compte environ une cinquantaine d’échantillons par an, pour lesquels le nom du donateur est enregistré dans la base de données et inscrit sur le cartel accompagnant le minéral, qu’il soit en en vitrine ou rangé en tiroir. Aujourd’hui, les échantillons entrant en collection sont sélectionnés pour s’assurer de leur traçabilité.

Des minéraux remarquables

Certains échantillons du Musée sont considérées comme parmi les plus esthétiques, parfaits, de tailles remarquables, pour leur provenance ou espèce minérale, ou encore pour leur valeur historique et scientifique. Retrouvez en quelques-uns ci-dessous. Pour les plus curieux, nous vous invitons à venir découvrir les autres au sein du Musée !

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