Intelligence artificielle : peut-elle contribuer à un monde meilleur ?
Mardi 18 novembre, le Théâtre Municipal de Fontainebleau a accueilli une soirée de conférences consacrée à un sujet central dans le débat public : l’intelligence artificielle peut-elle s’inscrire dans un avenir compatible avec les limites planétaires ?
Organisé par le Rotary Club de Fontainebleau et sa région, l’événement a réuni experts, chercheurs et professionnels pour éclairer les enjeux environnementaux et sociétaux liés au développement accéléré de l’IA.

Si les technologies d’intelligence artificielle promettent des avancées majeures dans les domaines de la santé, de la recherche ou de l’industrie, elles reposent sur des infrastructures énergivores et fortement consommatrices en matériaux critiques.
L’un des enjeux centraux abordés lors de la soirée : comment concilier innovation numérique, réduction des émissions de gaz à effet de serre et sobriété des ressources ?
Pour analyser les défis techniques, scientifiques et environnementaux, deux spécialistes reconnus ont partagé leurs visions :
Ancien enseignant-chercheur à Mines Paris – PSL, cofondateur et PDG de Bioptimus, Jean-Philippe Vert est une référence mondiale de l’apprentissage automatique appliqué aux sciences du vivant.
Avec plus de 190 publications et une carrière menée entre Google Brain, Owkin, l’ENS, Mines Paris – PSL, l’Université de Berkeley et Kyoto University, il a présenté une lecture fine :
des avancées actuelles en IA,
des ruptures technologiques à venir,
et des besoins énergétiques croissants associés à l’entraînement des modèles.
Directrice de l’ISIGE Mines Paris-PSL, spécialiste de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), Jasha Oosterbaan a apporté un éclairage essentiel : celui de l’évaluation environnementale.
Elle a souligné l’importance de prendre en compte les impacts réels des infrastructures numériques dans les choix industriels, stratégiques et politiques.
Son intervention a rappelé que la transition numérique ne pourra être durable qu’en intégrant l’ensemble des émissions et des ressources mobilisées, depuis l’extraction des matériaux jusqu’à la gestion de la fin de vie des équipements.
Le débat a été animé par Ludo Van Der Heyden, professeur émérite à l’INSEAD. Avec précision et pédagogie, il a orienté les échanges sur :
les ressources nécessaires au développement de l’IA,
leurs implications climatiques,
les responsabilités des entreprises, des chercheurs et des décideurs publics.
Cette approche multidimensionnelle a permis au public de mieux saisir la complexité du sujet et les arbitrages que nécessitera l’avenir du numérique.
La soirée a également offert un moment fort : la remise de bourses à trois lycéens méritants du Sud Île-de-France pour les soutenir dans la poursuite de leurs études.
Un geste qui illustre pleinement la vocation du Rotary : mettre l’humain au centre, accompagner les talents et contribuer au développement des jeunes.
Au terme de cette soirée, un constat s’impose : l’intelligence artificielle joue déjà un rôle majeur dans la transformation de nos sociétés, mais son avenir devra impérativement s’inscrire dans un cadre responsable.
La construction d’un futur désirable nécessitera :
de l’innovation technologique,
une compréhension fine de ses impacts écologiques,
et une vigilance collective pour garantir la compatibilité du numérique avec les limites planétaires.
Merci aux intervenants, aux organisateurs et à l’ensemble des participants pour la richesse des échanges et la qualité des perspectives partagées.