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29/04/2021

EXPERCRISE-Covid-19 : 4 questions à Brice Laurent, sociologue

Comprendre la crise de l'expertise scientifique

Le projet ANR EXPERCRISE, coordonné par Brice Laurent, sociologue au CSI MINES ParisTech, porte sur les enjeux politiques et sociaux de l'expertise lors de la crise Covid-19. Il participe au projet de recherche international « Comparative Covid Response (CompCoRe) ». Bilan d'étape.

EXPERCRISE-Covid-19 : 4 questions à Brice Laurent, sociologue
Pourquoi certaines nations sont-elles parvenues à contenir le Covid-19 quand d'autres ont échoué ? Eléments de réponse avec Brice Laurent.

« Quels sont les éléments qui assurent la crédibilité et la légitimité de l’expertise scientifique mobilisée par la décision publique ? » Cette interrogation est au coeur du projet « Recherche-Action » ANR EXPERCRISE, coordonné par Brice Laurent, et qui s'inscrit dans le cadre du projet international CompCoRe.

Au terme d'une année d'enquête, le chercheur livre une étude de cas de la situation française et de ses spécificités.

Comment avez-vous procédé pour réaliser votre étude ?

Une étude comme celle-ci s'intéresse aux situations où la crédibilité de l'expertise est en jeu. C'est une enquête qualitative qui examine les expressions publiques de l'expertise (dans les prises de parole gouvernementales, les rapports et avis d'experts, les discussions à l'Assemblée nationale) et, aussi, sa contestation, dans les procès notamment.
L'idée est de repérer ce qui pose problème, ce qui est discuté et à quel moment. La comparaison internationale est très intéressante à cet égard puisqu'elle permet de mettre au jour des différences assez importantes, par exemple sur les masques et leur contestation, ou encore sur la façon de penser le rôle de l'Etat.

Quelles spécificités françaises avez-vous pu identifier ?

On peut repérer un ensemble de questions qui posent particulièrement problème en France et qui sont un peu moins visibles dans d'autre pays (mais qui nous rapprochent de l'Italie), par exemple, la question de la classification des librairies comme « commerce essentiel », ou encore les débats autour des modalités des attestions.

De façon plus générale, on note deux interrogations qui deviennent récurrentes en France au cours de la crise, et qui sont toutes les deux liés au caractère centralisé de l'organisation administrative et de la décision publique, particulièrement en situation d'urgence.

  • La première est liée à la place de l'exception réglementaire et/ou territoriale dans un Etat centralisé. Depuis la fin du premier confinement, la question de « l'adaptation territoriale » est centrale. Elle se traduit par des tentatives d'association des collectivités, qui sont elles-mêmes parfois remises en cause par les acteurs concernés.
  • La seconde concerne la légitimité des nouveaux acteurs de l'expertise publique, en particulier le Conseil scientifique, créé avec la crise, qui a joué un rôle central au début de celle-ci (et a été mis en scène comme tel par les décideurs) et occupe à présent une position ambivalente.

Le rapport intermédiaire de la comparaison internationale distingue les pays de contrôle, les pays de consensus et les pays du chaos. Où classez-vous la France ?

Dans ce rapport, ces catégories sont des outils intermédiaires de repérage et pas des classements définitifs. Elles visent à repérer les perspectives que se donnent les Etats et les façons de cadrer les controverses. Il ne s'agit pas de dire que les pays « de contrôle » parviennent effectivement à contrôler le virus, mais que le contrôle est construit comme l'objectif principal et la façon de penser l'Etat. De même, le consensus n'est pas acquis dans les pays « de consensus », mais il fonctionne comme un horizon que l'on cherche à atteindre, souvent d'ailleurs en mobilisant la science comme ressource. La France de la première période de la crise peut être positionnée dans cette catégorie, particulièrement lorsque le conseil scientifique est pensé comme « la voix de la science » permettant d'agir indépendamment des considérations considérées comme politiques. Cette façon d'aborder la crise pose d'ailleurs un ensemble de problèmes puisqu'elle permet difficilement de traiter les situations d'incertitude ou de désaccords entre experts, ou encore les problèmes qui sont par nature à la fois scientifiques et politiques (par exemple : choisir d'ouvrir les écoles ou organiser une campagne vaccinale).

Qu'est ce que cette étude nous permet de mieux comprendre ?

Cette étude permet d'aborder de façon nuancée la question du « succès » ou de « l'échec » des pays face à la pandémie. Bien sûr, on peut utiliser un ensemble d'indicateurs qui sont précieux pour comprendre l'étendue des conséquences sanitaires et économiques de la pandémie. Cette étude permet d'aller plus loin, en mettant en évidence les « conditions pré-existantes » dans chaque pays qui sont révélées par la crise, comme en France, la question de la centralisation de la décision publique et celle de la capacité de l'expertise à agir en dialogue avec un ensemble d'acteurs, y compris ceux de la société civile.

L'étude insiste justement sur le fait que toute approche de réponse à la crise ne peut fonctionner si elle ne se penche pas sur les conditions profondes qui sont susceptibles d'assurer la légitimité de la prise de décision publique. À cet égard, le risque est grand de répondre à la crise en cherchant « la » bonne solution technologique qui viendra tout régler (par exemple une application numérique) au risque de laisser de côté la discussion collective permettant d'élaborer des approches partagées.

Une pierre à l’édifice anti-Covid

EXPERCISE est l’un des 234 projets de recherche sur le Covid-19, financés par l’ANR en 2020 (614 propositions éligibles 128 retenues, soit un taux de sélection de 20,8 %)

Ce projet est la contribution française au projet de recherche international « Comparative Covid Response (CompCoRe) », portant sur plus d'une vingtaine de pays.

Le rapport final sera publié à l'automne.

> Pour  en savoir  +, lire l'article publié par le CSI MINES ParisTech

 

EXPERCRISE-Covid-19, avec Brice Laurent. - MINES ParisTech

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